Hydrographie de Fès-Meknès

Pour ce qui est des ressources en eau, la région jouit d’une situation privilégiée, tant pour les eaux superficielles que pour les eaux souterraines qui qualifient sa partie (Moyen-Atlas Central) de «château d’eau du Maroc» d’où partent le Sebou, l’Oum Er Rbia et une partie de l’eau de la Moulouya.

Barrage Driss Ier, sur Oued Inouène.

En effet, les apports des cours d’eau sont de l’ordre de 990 Mm3/an, contenus à l’intérieur de deux grands bassins versants : le Sebou (56%) et le Moulouya (44%).

Il est à préciser qu’aucun de ces deux bassins versants ne se trouve en totalité à l’intérieur de l’espace régional.

La région recèle de grandes potentialités en eau de surface matérialisées par la subsistance d’importants cours d’eaux (Oued Ouergha, Oued Innaouen, Oued Moulouya, Oued Ghiss, Oued Nekkor). En revanche, vu la dominance de formations géologiques imperméables, les réserves en eaux souterraines demeurent assez modestes.

Barrage Sidi Chahed.

Eaux de surface

  • Le bassin versant de M’Soun : C’est un sous bassin de la Moulouya, il se déploie sur une superficie de 2 600 km² avec 29.2% de parcours et 25.3% de matorrals. Le relief y est très accidenté et l’érosion spécifique y atteint l’ordre de 570 t/km²/an.
  • Le bassin versant de Bab Louta : C’est également un sous bassin de la Moulouya, il s’étale sur une superficie de 12 171 km², il est aussi caractérisé par d’importantes précipitations variant entre 560 et 1 110 mm/an. Les forêts occupent 52% de l’espace du bassin alors que 11% est occupé par les parcours. L’érosion spécifique au niveau de ce bassin atteint l’ordre de 1 000t/ km²/an.
  • Le bassin versant de Oued Ouergha : C’est un sous bassin de Sebou, il s’étend sur une superficie de 6 140 km², il est caractérisé par un régime pluviométrique annuel variant entre 500 et 1 700 mm ce qui se traduit par la violence des crues de Oued Ouergha provoquant des inondations catastrophiques. Le dit bassin connaît également une érosion spécifique de l’ordre de 98t/ha/an.
  • Le bassin versant de Oued Innaouen : C’est aussi un sous bassin de Sebou, il s’étend sur une superficie de 3 680 km², il draine les eaux de surface vers le Barrage Driss Ier. Oued Innaouen et le plus important cours d’eau de ce bassin dont Oued Larbâa est l’un de ses principaux affluents, lequel est connu par ses crues torrentielles.
Barrage Allal Al Fassi.

La région dispose d’une infrastructure importante de barrages composée essentiellement de :

  • Barrage Driss Ier, sur Oued Inouène avec un volume de stockage de 1 156.8 Mm³ et a pour fonction la production d’énergie et l’irrigation et,
  • Barrage Sidi Chahed, situé dans la Province de My Yaâcoub sur Oued Mikkés avec un volume de stockage de 170 Mm³ et a pour fonction l’alimentation en eau potable et l’irrigation.
  • Barrage Allal Al Fassi, situé dans la Province de Sefrou sur Oued Sebou avec un volume de stockage de 63.7 Mm³ et a pour fonction : l’alimentation en eau potable, l’Irrigation et l’énergie.
  • Barrage Enjil, de grandeur moyenne est situé sur l’oued Taghoucht (Oued Enjil) affluent rive gauche en amont de la haute Moulouya à 16 km au sud de la ville de Boulemane . Il est doté d’une capacité de 12 Mm³. Il est destiné essentiellement à l’AEP et à l’irrigation.

Ces grands barrages sont épaulés par des petits barrages (El Agba, Moulay Arfa et Aggay) destinés essentiellement à la protection des villes contre les inondations et des lacs collinaires servant à l’alimentation en eau potable, l’abreuvement du cheptel ou l’irrigation.

Eaux souterraines

Les réserves de la région en eaux souterraines sont considérées comme modestes vu l’abondance de formations géologiques imperméables évitant la pénétration des eaux de pluies ou de neiges fondues. Cependant la région recèle un ensemble d’étendues d’eaux souterraines allant de nappes phréatiques très discontinues ou peu significatives jusqu’aux nappes continues à exploitation facile :

  • Les nappes pré-rifaines : Ce sont des petites nappes isolées contenues dans des terrains perméables, elles sont extrêmement utiles pour l’approvisionnement en eau pour les populations locales.
  • La nappe de Saïss : Elle est constituée par un aquifère profond et un aquifère phréatique séparés par les eaux de pluie, par les apports du Causse Moyen Atlasique, et les pertes du réseau hydrographique.La surexploitation de ces deux nappes précitées et les sécheresses répétitives ont conduit à la baisse de la pression des forages artésiens, la chute des niveaux piézomètriques (2,8 m/an) et le tarissement des sources.
  • La nappe du bassin de Guercif : C’est une nappe assez profonde (30 à 40 m), elle s’écoule du Sud-est vers le Nord-ouest et donne naissance à une dizaine de sources d’eau.
  • La nappe des Causses Moyen – Atlasique : constituée d’abondantes nappes aquifères qui assurent le rôle de réservoir dans l’alimentation des oueds superficiels
  • La nappe de Tigrigra : C’est une nappe d’environ 200 Km2 de superficie dans les basaltes. Alimentée par l’abouchement à partir du Moyen Atlas. Les débits maximaux sont de l’ordre de 10 l/s.
  • La Meseta Centrale : Les formations de la Mesta n’ont pas d’aquifères importants, on y trouve uniquement quelques petites cuvettes avec logement dans le calcaire et d’intérêt purement local, ou des nappes phréatiques utilisées pour les besoins ménagers de l’eau et souvent presque sans débit en été.
  • La nappe de Taza : C’est une nappe assez profonde (30 à 40 m), elle s’écoule du Sud-est vers le Nord-ouest et donne naissance à une dizaine de sources d’eau. L’alimentation de la nappe est assurée par l’infiltration des eaux de pluie. Elle est exploitée pour l’AEP de Matmata, Tahla, Oued Amlil,…, ainsi que pour l’irrigation.

La région offre également des opportunités considérables en matière de ressources thermales minérales. Il s’agit des sources de Sidi Hrazem, Moulay Yaâcoub et Aïn Allah.

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