Économie du gouvernorat de Gafsa

Le gouvernorat est considéré comme une région essentiellement minière. Le phosphate est la principale richesse de la région qui compte 47 entreprises industrielles.

Le secteur agricole est basé essentiellement sur l’arboriculture. En effet, on compte 114 887 hectares d’arbres fruitiers : olives, amandes et pistaches, 10 746 hectares de culture irriguée et un cheptel de l’ordre de 400 000 têtes ovines, bovins, caprins et camelins.

Si la région de Gafsa est un bassin minier riche en phosphates, la population locale ne bénéficie pas pour autant de la manne qui, d’après divers commentateurs, profite essentiellement aux proches du pouvoir. Région minière mais aussi rurale, les conditions d’exploitation agricole y sont difficiles à cause de l’aridité. La réalité socio-économique y est donc assez éloignée des territoires septentrionaux, plus proches du littoral, où une économie de services et de PME permet une croissance annuelle appréciable, témoignant de la grande disparité régionale du « miracle économique » tunisien. Au début du XXIe siècle, dans ce bastion ouvrier qui, par le passé, s’est déjà montré rebelle vis-à-vis du pouvoir central, le taux d’inoccupation est massif, particulièrement parmi les jeunes dont le taux de chômage est endémique, les excluant du système de protection, faute d’emploi.

En janvier 2008, cette situation engendre les « grèves de Gafsa », des troubles sociaux qui rassemblent de larges pans de la population pendant plusieurs mois et sont durement réprimés. En juillet 2008, le président Ben Ali annonce une série d’investissements dans la région, à hauteur de 944 millions de dinars, censés générer 9 000 emplois permanents mais qui laisse les observateurs circonspects, particulièrement après la crise financière. En effet, en février 2010, les leaders du mouvement de protestation constatent une situation inchangée et toujours « explosive », essentiellement du fait de la corruption de certains dirigeants locaux. En juin 2010, les initiatives concrètes concernent l’installation de différentes unités de l’entreprise de câbles pour automobile Yazaki à Moularès et Gafsa, créant 1 300 emplois ainsi que l’implantation d’une briqueterie à Mdhilla.

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